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Étudiant en cycle ingénieur à CESI Toulouse, Yoann Foulonneau a réalisé son stage international au Japon. De cette immersion est né Yūgen, un documentaire de plus de deux heures, projeté en avant-première dans un cinéma toulousain avant d’être diffusé en ligne. Il revient sur son parcours, son expérience à l’international et la genèse de ce projet ambitieux.


Le choix de partir à l’autre bout du monde

Peux-tu te présenter et revenir sur ton parcours à CESI école d’ingénieurs ?

Je m’appelle Yoann Foulonneau, j’ai 23 ans. J’ai intégré CESI en 2020 en prépa intégrée sur le campus de Toulouse. À l’issue de cette formation, je me suis orienté vers la spécialité systèmes embarqués, un domaine qui m’a immédiatement plu.
J’ai ensuite poursuivi en cycle ingénieur. En deuxième et troisième années, j’ai réalisé une alternance au CNES (Centre national d’études spatiales), tout en restant rattaché au campus de Toulouse, avec des déplacements réguliers à Paris.


Pourquoi avoir choisi le Japon pour ton stage international ?

Le Japon est un pays qui me fascine depuis longtemps. J’ai d’abord découvert sa culture à travers les mangas et les animés, puis j’ai progressivement cherché à comprendre ce qu’il y avait derrière ces œuvres : les codes sociaux, la manière de vivre, le rapport au collectif.
Pendant le premier confinement, j’ai commencé à apprendre le japonais en autodidacte et à préparer des projets de voyage. Lorsque le stage international est devenu une étape obligatoire du cursus, je me suis dit que c’était le moment ou jamais de tenter cette expérience, avec l’opportunité de vivre plusieurs mois sur place et de m’immerger réellement dans le pays.

Son quotidien à Tokyo entre travail et découvertes


En quoi consistait ton stage sur place ?

J’ai intégré une start-up franco-japonaise spécialisée dans l’Internet des objets (IoT), basée à Tokyo, dans le quartier de Shibuya. L’entreprise est juridiquement franco-japonaise, mais elle opère exclusivement sur le marché japonais.
Durant trois mois, j’ai travaillé sur le développement d’un capteur connecté de qualité de l’eau. Ce stage m’a permis de mettre en pratique mes compétences en systèmes embarqués, tout en découvrant un environnement professionnel et culturel très différent de celui que je connaissais.


Comment s’organisait ton quotidien à Tokyo ?

Tokyo est une ville immense et très coûteuse. J’habitais donc à environ une heure de transport du bureau. Les journées étaient intenses, mais j’ai pu négocier une organisation qui me laissait du temps pour explorer le pays.
Je disposais notamment de week-ends prolongés, ce qui me permettait de voyager très régulièrement. Presque chaque semaine, je partais à la découverte de régions autour de Tokyo, souvent en dehors des grands circuits touristiques.


Un projet ambitieux devenu réalité

À quel moment est née l’idée de filmer ton expérience ?

J’avais prévu de filmer dès le départ, car je suis passionné de vidéo. Mon idée initiale était simplement de réaliser une vidéo souvenir personnelle, un peu travaillée.
Mais dès les premières semaines, j’ai vécu des expériences très fortes : un festival rassemblant plus de mille samouraïs, une île abandonnée depuis la Seconde Guerre mondiale où je me suis retrouvé seul, ou encore des rencontres inattendues dans des villages très peu fréquentés.
Je me suis rendu compte que je vivais un Japon différent de celui que l’on voit habituellement. À partir de là, j’ai commencé à filmer avec l’idée de raconter une histoire et de montrer un autre visage du pays.

Le projet a rapidement pris de l’ampleur ?

Oui, très clairement. À mon retour en France, en septembre 2024, j’ai commencé le montage seul. Mais entre les cours, l’alternance et l’ampleur du projet, je me suis vite rendu compte que je ne pourrais pas tout faire seul.
J’ai donc constitué une équipe d’une vingtaine de personnes : monteurs vidéo, ingénieurs du son, graphistes, animateurs 2D et 3D, cadreurs et musiciens. Le projet m’a largement dépassé par rapport à ce que j’avais imaginé au départ.

Comment as-tu financé et coordonné un projet de cette envergure ?

Le financement a été un véritable défi. J’ai beaucoup fait appel à mon réseau dans l’audiovisuel, avec des professionnels et des étudiants qui ont accepté de s’engager dans le projet à des conditions adaptées.
De mon côté, j’ai cumulé plusieurs activités en parallèle : mon alternance, des cours particuliers en mathématiques et physique, ainsi que des prestations vidéo pour des clients.
Sur le plan organisationnel, j’ai dû apprendre à piloter une équipe, à déléguer et à affirmer une vision artistique, tout en conservant une approche humaine. Cela a été extrêmement formateur.

Le documentaire a même été projeté au cinéma. Comment cela s’est-il concrétisé ?

Nous avons organisé une avant-première le 30 novembre dans le plus grand cinéma de Toulouse, entièrement privatisé pour l’occasion. Plus de 200 personnes étaient présentes.
Le cinéma nous a accompagnés sur toute la partie logistique et événementielle. Voir le film projeté sur grand écran, entouré de toute l’équipe, a été un moment très fort et très symbolique.

Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté sur le plan personnel ?

Partir seul à l’autre bout du monde, sans maîtriser la langue ni les codes culturels, est très déstabilisant. Il y a un vrai choix à faire entre rester dans sa zone de confort ou décider de vivre pleinement l’expérience.
Ce voyage m’a appris à dépasser la peur du regard des autres, à oser aller vers les gens et à sortir de ma zone de confort. J’ai énormément grandi, appris sur moi-même et fait des rencontres marquantes.

Et sur le plan professionnel ?

Même si ce projet n’est pas directement lié à l’ingénierie, il m’a énormément apporté sur le plan humain et organisationnel.
Piloter une équipe d’une vingtaine de personnes, gérer un projet long et complexe, apprendre à déléguer et à prendre des décisions sont des compétences essentielles, quel que soit le métier. Cette expérience complète parfaitement ma formation d’ingénieur.

Le projet Yūgen ne s’arrête pas au film…

En parallèle du documentaire, nous avons réalisé un livre-carnet de voyage illustré, distribué en avant-première lors de la projection. Il retrace le voyage jour après jour, avec des photos et des éléments plus personnels qui viennent compléter le film.

Un message à transmettre aux étudiants de CESI ?

Oser partir à l’international peut faire peur, surtout lorsqu’on part seul et loin. Mais ce sont souvent ces expériences qui permettent de se révéler et de grandir le plus.
Il ne faut pas hésiter à saisir ces opportunités et à sortir de sa zone de confort : ce sont des expériences qui marquent durablement, tant sur le plan personnel que professionnel.