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Généralement rattaché à la Direction de l’entreprise ou à celle d’un département technique, le Responsable performance industrielle encadre une équipe de techniciens de la performance (technicien méthodes, technicien de production, technicien logistique …). Sa mission est transversale à tous les autres services de l’entreprise.

Etre Responsable Performance Industrielle

Il conçoit des projets et propose des solutions d’amélioration d’un service ou d’un produit. Il diagnostique les processus industriels, recherche des solutions adaptées et pilote les actions à mettre en œuvre.

Ses principaux objectifs sont d’améliorer la qualité des processus industriels, respecter les délais convenus avec le client, réduire les coûts de fabrication des produits de l’entreprise, diminuer le temps de réalisation des produits et développer la motivation du personnel.

Enfin, il s’assure de l’efficacité des actions réalisées et du maintien des résultats dans le temps.

Autres fonctions du métier

  • Responsable / Pilote / Ingénieur industrialisation / méthodes / amélioration continue
  • Responsable / Pilote / Ingénieur production
  • Responsable / Pilote / Ingénieur maintenance
  • Responsable / Pilote / Ingénieur chaine logistique globale / supply chain

Salaires moyens par métier associés à la formation*

  • Responsable / Ingénieur de production industrielle : entre 36 000 et 50 000 euros brut/an selon expérience
  • Responsable / Ingénieur méthodes : entre 30 000 et 70 000 euros brut/an selon expérience
  • Responsable / Ingénieur maintenance : entre 32 000 et 75 000 euros brut/an selon expérience

*Source : Etude de rémunération 2021 du cabinet Robert Walters

Témoignages

Les missions de Responsable dans le secteur de l’Industrie

En quoi consiste votre métier de Responsable ?

Je manage une équipe de 12 personnes (monteurs assembleurs, concepteurs méthodes, techniciens codifications… […]). Nous définissons qui fait quoi dans la chaîne de production et où – physiquement – dans l’entreprise […] combien d’opérateurs sont nécessaires à un poste de fabrication, par exemple, et combien de temps est nécessaire pour réaliser un produit, ce qui entre directement dans la mise en place du système d’industrialisation.

En tant que Responsable, je gère les objectifs, les investissements et la feuille de route de l’année. Je m’assure également que les temps des cycles de fabrication des produits dans l’usine sont bien respectés, afin de garantir la productivité. Pour cela, je crée des indicateurs et les mets à jour selon les délais des chantiers et la feuille de route définie pour chacun d’eux. Une grande partie de mon métier concerne également l’ergonomie au travail, dont je supervise les grands axes pour l’année.

Jules Cote, Responsable Méthodes

Concrètement, au quotidien, je participe à différentes « routines » de performance, des AIC (Animations à intervalles courtes). Ce sont des processus de traitement des actions, qui, selon les situations, orientent mes collègues dans les démarches à suivre.

Je coache et j’accompagne les agents de terrain, les agents de maitrise et les managers afin de faire respecter les standards de traitement des actions. […] Par exemple, je surveille la bonne mise en œuvre et l’enchainement d’actions pour limiter le risque d’accident ou de la procédure à suivre en cas de panne. J’observe les points bloquants […] pour développer et améliorer des actions simples ou complexes, parfois au quotidien, parfois sur des temps de traitement plus étendus, à la semaine ou au mois. Par exemple, si 1 000 colis doivent être sortis d’usine en deux heures mais que ces chiffres ne sont pas atteints, cela déclenche un processus d’analyse de résolution de problème. C’est à moi qu’il convient de comprendre pourquoi au moyen d’indicateurs à ma disposition. […]

Je dois garantir la mécanique du système et m’assurer que les problèmes sont bien traités, au bon niveau ; que les interlocuteurs mobilisés sont les bons et tout cela dans le cadre des règles sanitaires, légales, de sécurité et de performance liées à l’entreprise. Côté « animation de projet », je pilote la performance à travers une feuille de route. Cette feuille de route constitue un ensemble de projets complexes à traiter sur l’année pour atteindre les objectifs budgétaires. Mon objectif est de traiter ces problématiques de manière simple, d’apporter des outils adaptés selon des méthodes prédéfinis, afin d’établir des « routines » d’amélioration continue.

Serge Ngoumape, Responsable amélioration continue

Pourriez-vous nous décrire une journée type ?

Je fais quotidiennement le point avec mon équipe sur les missions, les projets en cours et les difficultés rencontrées. Puis, j’enchaine des réunions sur les nouveaux produits, les entrées dans l’usine… Je fais ensuite des points individuels avec les chefs de projet sur les sujets en cours. 40% de mon activité concerne des missions de management. Cependant, j’ai également une mission de chef de projet. […]

Jules Cote

Je débute souvent ma journée par une ou deux réunions avec les managers de l’usine. Nous faisons le point sur la performance d’entreprise. Puis, j’échange avec le Directeur d’usine sur les routines ; sur le suivi des temps de productions, les plannings et plans d’actions, les rôles de chacun dans les processus. Selon les bilans, je retourne sur le terrain l’après-midi pour analyser les problématiques du jour avec les managers ou j’organise une réunion sur les sujets en cours. Je fais quotidiennement le lien entre la Direction et le terrain afin de garantir la performance et la feuille de route définie avec les autres services (temps de réalisation des projets / respect des budgets…).

Serge Ngoumape

Avantages et inconvénients

Qu’aimez-vous le plus dans votre métier ?

L’aspect humain, les échanges avec les équipes sont une des composantes de mon métier que j’aime le plus mais suivre et atteindre mes objectifs est également un aspect qui me plait. De plus, la communication avec mon équipe est un point essentiel de mon activité.

Jules Cote

Ce qui me plait le plus dans mon métier est le côté « terrain », l’analyse de situations multiples et la recherche de solutions […]. L’aspect humain est également pour moi une composante importante de mon métier.

Serge Ngoumape

Qu’aimez-vous le moins dans votre métier ?

« […] Il faut souvent faire des compromis, ce qui est parfois compliqué. […] Il faut pouvoir faire adhérer tous les salariés concernés au changement et il n’est pas rare que je me retrouve face à des réticences. Il y a une forme d’inertie autour de certains projets.

Jules Cote

La lenteur de certains processus peut parfois être un peu frustrante. On remet sans cesse en cause un mode de fonctionnement et les transformations à apporter peuvent prendre du temps, notamment du point de vue de l’accompagnement au changement mais cela reste un aspect essentiel, qu’on ne peut pas omettre.

Serge Ngoumape

Parcours, compétences et qualités requises

Selon vous, quelles sont les qualités requises pour exercer votre métier ?

L’important en tant que Responsable est d’avoir du leadership pour accompagner son équipe dans les projets et les faire adhérer aux décisions qui sont prises.

D’un point de vue plus individuel, il faut savoir faire preuve de curiosité et ne pas s’en tenir à ce qu’on fait au quotidien, aux standards afin de réussir à bouger les lignes établies. Enfin, je dirais en dernier point que ce poste nécessite de l’organisation ; pour gérer tous les chantiers en même temps, et notamment les dépenses et budgets de suivi et de clôture des projets […]. 

Jules Cote

Pour exercer ce métier, il faut savoir faire preuve de patience et de persévérance, notamment lorsque l’on traite des sujets de fond mais également pour développer la culture de l’entreprise. Pour ma part, grâce à cela, j’ai pu développer un projet de formation des salariés sur trois ans, selon quatre axes essentiels : la Sécurité, la Qualité, la Performance et la RSE. […] C’est pour cela qu’il faut également oser et avoir l’envie d’entreprendre ; proposer de nouvelles choses pour améliorer la performance de l’entreprise. Un autre point essentiel est de savoir être autonome sur ses missions.

Serge Ngoumape

Comment êtes-vous arrivé à votre poste actuel ? Quelle a été votre évolution et votre parcours de formation ?

Au départ, j’étais apprenti ingénieur Méthodes dans le secteur pharmaceutique. À la fin de mon alternance j’ai débuté dans une startup d’impression 3D en région parisienne. Je suis ensuite passé Responsable Production de nuit dans le groupe All Circuit à Orléans. […] Puis, j’ai postulé à une offre interne de Responsable Méthodes. J’avais naturellement cette appétence pour le management depuis ma formation. Côté « Méthodes », je n’avais que des notions théoriques […] mais j’étais déjà familier de la fonction de service support (Flux d’atelier / implémentation des machines…) grâce à mon expérience.

Jules Cote

J’ai terminé un Master 2 Industriel à la suite duquel j’ai effectué un stage en entreprise qui m’a permis de découvrir les outils d’amélioration continue. Cela a suscité mon intérêt. Quelque temps après, je me suis perfectionné avec le Mastère Spécialisé® de CESI Manager de l’Amélioration Continue, en alternance, et ai passé les certifications Yellow Belt et Green Belt. Ces certifications ont été particulièrement importantes pour moi car elles m’ont donné de réels outils pour exercer mon métier. L’alternance a également été un mode de formation déterminant car être en contact avec la réalité de l’entreprise permet d’apprendre rapidement sur le terrain.

Serge Ngoumape

Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui souhaitent exercer ce métier ?

Je conseillerais aux personnes qui souhaitent se spécialiser en « Méthodes » d’acquérir une première expérience en production afin de bien comprendre les problématiques et les rouages d’une usine. […] Il faut savoir mettre à disposition de la production des solutions, sans imposer ; apprendre à proposer. C’est pourquoi le sens du service est tout aussi important

Jules Cote

Pour exercer un métier dans le domaine de la performance industriel, il faut avoir envie de se remettre en cause et aimer le secteur dans lequel on évolue mais il faut surtout se former, passer les certifications Belt pour maitriser les outils de Lean et six Sigma dont les entreprises ont vraiment besoin. Il faut développer de l’appétence pour la résolution de problèmes mais surtout être pédagogue pour accompagner les collaborateurs de l’entreprise. Je conseillerais aux personnes qui souhaitent exercer ce métier de se former aux outils informatiques, aux données, à la digitalisation des pratiques au travers des outils de pilotage (Big Data, robotisation…) et de performance sur tablette, par exemple, à des outils de mesures numériques efficaces et fiables (MES : Manufacturing execution system).

Serge Ngoumape

Pour aller plus loin

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