Construire sa voie dans l’ingénierie électrique et dans l’aéronautique : Témoignage de Clara Guillaume

Dans cette page :
- Un parcours construit étape par étape
- Une première expérience entre Toulouse et Marseille
- L’alternance, un accélérateur de compétences pour rentrer chez Thales
- Un secteur encore majoritairement masculin
- Son conseil : Il faut oser, même sans expérience
Diplômée de CESI École d’Ingénieurs, Clara Guillaume évolue aujourd’hui ingénieure chez Thales dans le domaine des systèmes électriques. À travers son témoignage, elle revient sur la construction progressive de son parcours, de ses études à son métier actuel, dans un secteur technique encore majoritairement masculin.
Un parcours construit étape par étape

Après mon baccalauréat scientifique, spécialité sciences de l’ingénieur (SSI), je me suis orientée vers un DUT Génie Électrique et Informatique Industrielle (GEII – bac+2), qui aujourd’hui correspond à un BUT (bac+3). C’était pour moi une première immersion dans un univers technique qui m’attirait, sans avoir encore une idée précise du métier que je voulais exercer.
Cette formation m’a permis de découvrir différents domaines comme l’électronique, l’électrotechnique ou encore l’automatisme, et de confirmer mon intérêt pour les systèmes électriques.
Je devais initialement effectuer un stage en deuxième année de mon DUT, mais celui-ci a été annulé en raison de la COVID-19. Je me suis donc retrouvée à chercher une alternance sans véritable expérience professionnelle, ce qui a été un vrai défi.
Une première expérience entre Toulouse et Marseille
À la suite de mon DUT, j’ai intégré le cursus ingénieur spécialité systèmes électriques et électroniques embarqués en apprentissage à CESI École d’Ingénieurs, sur le campus de Toulouse, où j’ai réalisé l’intégralité de ma formation (en 3 ans). L’objectif était de poursuivre dans une voie technique tout en me professionnalisant grâce à l’alternance.
La recherche d’entreprise n’a pas été simple dans le contexte particulier de la COVID-19, d’autant plus que de nombreux étudiants se sont retrouvés dans la même situation. J’ai postulé à de nombreuses offres, sans avoir d’expérience à valoriser, et ai dû redoubler d’efforts pour me démarquer, notamment en valorisant ma motivation et ma capacité d’apprentissage. Cette période m’a beaucoup appris sur la persévérance.
J’ai finalement intégré Airbus Helicopters à Marignane pour les 3 années d’école d’ingénieurs, où j’ai travaillé sur le développement produit, notamment sur l’architecture électrique. Le rythme était soutenu, entre les périodes en entreprise à Marseille et la formation à Toulouse, mais ce choix était volontaire : je souhaitais rejoindre un grand groupe, malgré les contraintes géographiques.
Cette expérience a été très enrichissante, aussi bien sur le plan technique que personnel, en me confrontant à un environnement industriel exigeant et à des problématiques concrètes.
L’alternance, un accélérateur de compétences pour rentrer chez Thales
Réaliser mon parcours en alternance, m’a permis de développer des compétences techniques solides, tout en gagnant en autonomie et en adaptabilité.
Dans le cadre de ma formation, j’ai également eu l’opportunité sur le site de Airbus Helicopters à Donauworth, en Allemagne. Cette expérience internationale a élargi ma vision du métier d’architecte électrique en découvrant une autre culture de travail.
Ces trois années en alternance ont été déterminantes : elles m’ont permis de passer de la théorie à la pratique et de mieux comprendre les attentes du monde professionnel. C’est, selon moi, toute la force du modèle CESI : l’apprentissage en entreprise et la pédagogie par projets en cours.
À l’issue de mon alternance en 2023, j’ai été recrutée en CDI chez Thales à Toulouse en tant qu’ingénieure support produits aéronautiques. Je travaille dans l’entité s’occupant de fournir le support technique des équipements Thales auprès des avionneurs et des compagnies aériennes. Mon rôle consiste à analyser leur fonctionnement et leur fiabilité, à conduire des investigations au niveau système ou produit, à suivre les réparations, à soutenir et promouvoir les évolutions à nos clients. Mais également de m’assurer qu’ils répondent aux exigences techniques une fois en service chez les clients.
C’est un métier transverse, qui implique de collaborer avec différentes équipes. Il demande rigueur, capacité d’analyse et sens de la communication. J’apprécie particulièrement le fait de voir concrètement l’impact de mon travail sur les projets.
Un secteur encore majoritairement masculin
Tout au long de mon parcours, j’ai évolué dans des environnements majoritairement masculins. Depuis le lycée jusqu’aux études supérieures, les femmes étaient peu représentées. Par exemple, en DUT GEII, nous n’étions que 2 à 5 femmes sur une promotion d’une centaine d’étudiants. À CESI, la proportion s’est légèrement améliorée, avec environ sept femmes pour soixante étudiants.
C’est une réalité dans les métiers de l’ingénierie, notamment dans les domaines techniques comme le génie électrique. Pour autant, cela ne m’a jamais freinée. Il faut savoir s’imposer, trouver sa place et montrer ses compétences.
« Aujourd’hui, les mentalités évoluent, et je pense qu’il est essentiel d’encourager davantage de femmes à s’orienter vers ces carrières. »
Clara Guillaume, ingénieure support produits aéronautiques
Son conseil : Il faut oser, même sans expérience
Avec le recul, je dirais qu’il ne faut pas se mettre de limites. Même sans expérience au départ, il est possible de construire son parcours.
« Il faut persévérer, rester curieux et saisir les opportunités qui se présentent. Chaque étape permet d’apprendre et de progresser. »
Clara Guillaume, ingénieure support produits aéronautiques
Le parcours de Clara illustre la richesse d’un cursus en alternance et les opportunités qu’il offre, en France comme à l’international. Entre formation à Toulouse, expériences terrain et ouverture à l’international, elle incarne une génération d’ingénieurs engagés, capables de s’adapter et de construire leur avenir avec ambition.