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14e Observatoire Social de l’Entreprise : Déconfinement et redémarrage de l’activité, découvrez les résultats de l’étude IPSOS – CESI

CESI et Ipsos, en partenariat avec Les Echos, publient le 14è Observatoire Social de l’Entreprise. Celui-ci fait le point sur le moral des chefs d’entreprise et celui des salariés du secteur privé.

Cette enquête, menée du 18 mai au 10 juin 2020 auprès de 400 chefs d’entreprise et de 1 000 salariés, révèle que les Français n’ont jamais été aussi pessimistes sur leur avenir et celui de leur entreprise, et ce, même en comparaison au baromètre post-crise réalisé en 2009 qui sert de référence.

Le maintien de l’emploi reste la plus forte préoccupation évoquée par les salariés, une inquiétude partagée avec les chefs d’entreprise et, qui est croissante. Si les salariés sont satisfaits des actions de leur entreprise pendant la crise, ils manifestent aujourd’hui des attentes particulières : 83% pensent par exemple qu’il est important voire essentiel que leur entreprise soutienne des causes d’intérêt général. Une considération qui ne semble pas avoir été prise en compte par les dirigeants pour le moment.

Sur le plan économique

  • 66% des chefs d’entreprise et 74% des salariés, anticipent une dégradation de la situation économique de la France (c’est respectivement +18 points et +21 points par rapport à octobre 2018) :
  • 54% des chefs d’entreprise anticipent une baisse d’activité (+ 40 points par rapport à octobre 2018) tandis que 21% des salariés anticipent une hausse d’activité, alors que l’activité est au point mort pour beaucoup de structures.
  • 73% des chefs d’entreprise sont optimistes pour le maintien de l’emploi dans leur entreprise : c’est tout de même 11 points de moins qu’en 2018, et ce malgré un recours massif au chômage partiel.
  • Le maintien de l’emploi est d’ailleurs la première préoccupation des salariés (30%), devant le niveau de salaire (25%).
  • Si les salariés comme les chefs d’entreprise considèrent que les 6 mois à venir seront difficiles, leurs opinions divergent quant à la sortie de crise :
    • 67% des salariés anticipent une reprise rapide dans moins de 6 mois (+42 points par rapport à 2009) alors que 39% des chefs d’entreprise se montrent quant à eux plus inquiets (+21 points vs. 2009).
    • Plus alarmant, plus d’un chef d’entreprise sur quatre (26%) n’envisage pas de reprise avant au moins un an.
  • Pour faire face à la crise, de nombreuses mesures ont été prises dans les entreprises dont un recours massif et inédit au chômage partiel (65%), un gel de tous les recrutements (43%) et une obligation de prendre rapidement tout ou partie de leurs congés (31%).

Sur le climat social et les modes de travail 

  • Dans ce contexte difficile, les conditions de travail font partie des préoccupations principales des salariés (22%).
  • Avec la crise sanitaire et le confinement, les aspirations des salariés ont certes un peu évolué, mais elles sont le plus souvent modérées, ce qui laisse présager certains rééquilibrages plutôt que des bouleversements profonds des habitudes, en tout cas pour la plupart des salariés :
    • 78% ont certes envie de prendre plus de temps pour eux et leurs enfants mais seulement 22% « tout à fait ») ;
    • 52% de prendre du temps pour être solidaire des autres dont 7% tout à fait)
    • 52% de se former pour acquérir de nouvelles compétences.
    • Ils sont seulement une minorité à vouloir télétravailler plus souvent (42%) et 36% à souhaiter réduire leurs horaires de travail (dont 7% tout à fait), 32% à envisager de changer de travail (dont 11%) et 30% songent à penser changer d’entreprise (dont 10% tout à fait).
  • Malgré les difficultés actuelles, la majorité des chefs d’entreprise juge positivement le climat social de leur entreprise (87%). C’est aussi le cas de plus d’un salarié sur 2 (60%). 56% des salariés dit d’ailleurs adhérer aux grandes orientations de leur entreprise.

Sur le sens au travail

  • La crise sanitaire a accéléré la quête du sens au travail : les salariés considèrent aujourd’hui très majoritairement (83%) qu’il est important voire essentiel que leur entreprise soutienne des causes d’intérêt général.
  • Il est crucial que leur entreprise leur permette de :
    • Donner un sens à leur travail (90% des salariés interrogés jugent cela important ou essentiel, dont 55% « essentiel »)
    • Se sentir utiles aux autres (85% dont 38% « essentiel »)
    • Dans une moindre mesure, qu’elle montre à ses clients qu’elle participe à l’intérêt général (81% dont 28% essentiel).
  • Cependant, un dirigeant sur quatre n’a toujours pas prévu de réfléchir sur la manière dont il peut contribuer à donner le sentiment à ses salariés d’être utiles aux autres. De plus, 6 chefs d’entreprise sur 10 ont déjà le sentiment de l’avoir fait.

Pour maintenir la motivation des équipes et retenir les talents dans un contexte où les hausses de rémunération et les perspectives d’avancement sont rendues incertaines, il est urgent que les entreprises répondent à cette quête de sens.