Réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle : vers une plus grande équité pour en relever les défis !

Les écoles de l’alternance s’invitent dans le débat

Alors qu’un véritable “Big bang” du système de la formation professionnelle et de l’apprentissage se prépare, selon les termes de la Ministre du Travail Muriel Pénicaud, les principales écoles leaders de l’alternance, agissant dans le cadre de l’initiative « Entreprises Educatives pour l’Emploi » s’invitent dans le débat pour proposer un nouveau modèle de développement des filières professionnelles en France.

La réforme de l’apprentissage ne peut, en effet, réussir qu’avec l’engagement fort des écoles qui font l’alternance aujourd’hui, aux côtés des jeunes et des entreprises. Formant plus de 100 000 jeunes par an et représentant près de la moitié du nombre total des contrats de professionnalisation post-bac conclus en France, les 3E sont effectivement légitimes à alimenter les actuelles réflexions du gouvernement et accompagner efficacement la mise en œuvre de la réforme sur l’ensemble du territoire français.

 Partageant les valeurs et l’esprit du futur projet de loi, les Entreprises Educatives pour l’Emploi formulent 6 propositions clés, toutes guidées par un même principe conducteur :

“L’équité et la transparence entre tous les opérateurs qui forment, diplôment et insèrent les professionnels de demain, dans le monde du travail

Les propositions des Entreprises Educatives pour l’Emploi (3E)

Officiellement réunies ce jour, les 3E veulent convaincre que le nouveau système d’éducation et de formation professionnelle doit garantir, dans l’intérêt des jeunes et de l’emploi :

1. L’accès à l’apprentissage à tous les acteurs de la formation répondant à des critères de qualité, sans distinction de  statut. Il pourrait notamment être envisagé la création d’une nouvelle structure E.B.E (Entreprise à But Educatif), respectant un cahier des charges fondé sur le respect de l’éthique du métier d’Entrepreneur Educatif pour l’Emploi et dont le statut donnerait des droits comparables à ceux des EESC (Etablissement d’Enseignement Supérieur Consulaire).

2. Le rapprochement des conditions de mise en place des contrats d’apprentissage et des contrats de professionnalisation, avec par ordre de priorité :

  • Une équité de financement : selon le principe du « coût au contrat », par l’adoption d’une grille de référence nationale forfaitaire et paramétrable
  • Une harmonisation de la durée des contrats (3 ans) ;
  • Une harmonisation des aides accordées aux entreprises ;
  • Une harmonisation des coûts de prise en charge des formations ;
  • Une harmonisation des salaires des alternants, avec une variation proportionnée au niveau de formation.

    3. L’accès pour tous les établissements d’enseignement technique à la Contribution Alternance (se substituant à la taxe d’apprentissage). Cette contribution devra également s’accompagner de la création de la Contribution au Développement de la Formation Technique Initiale (CDFTI) pour soutenir les initiatives, le développement et l’innovation pédagogique du secteur privé et public de l’enseignement technique.

4. L’indépendance de la Commission Nationale des Certifications Professionnelles (CNCP) dans le cadre de son éventuelle intégration au sein de l’agence publique France Compétences et le maintien actuel du processus d’élaboration des référentiels de certification pour les écoles, indépendamment des branches. Assurer une cohérence les diplômes de l’Education nationale et des certifications professionnelles inscrites au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) pour une meilleure reconnaissance et visibilité.

5. La labellisation par un organisme indépendant des écoles de l’alternance et des organismes de formation est une nécessité afin de mettre tous les acteurs devant les mêmes contraintes à partir d’indicateurs clés probants (taux d’insertion professionnelles notamment).

6. L’équité d’accès à l’alternance et à la formation continue par :

  • La création d’un dispositif « prépa-alternance » afin de participer, dans le cadre du Plan d’Investissement des Compétences (PIC), à la prise en charge des jeunes éloignés de l’emploi et disposant d’un niveau bac professionnel.
  • La formation des demandeurs d’emploi afin d’en développer les compétences et l’employabilité. Ce dispositif permettra d’accueillir plusieurs milliers de chômeurs dans le cadre de projets innovants, sous réserve que les conditions d’accès ne soient pas liées aux statuts des organismes.
  • Le renforcement de l’impact du Compte Personnel de Formation (CPF) en faisant bénéficier d’un crédit d’impôt tous ceux qui alimenteront eux-mêmes leur CPF.

Un décloisonnement nécessaire dans un contexte économique favorable à l’apprentissage « Je suis persuadé que l’avenir est au décloisonnement entre le secteur public et le secteur privé. Les Entreprises Educatives pour l’Emploi (3E) comptent aujourd’hui, de par leur souplesse et leur autonomie, parmi les seuls acteurs capables de se mobiliser rapidement, tout en assurant une offre de formation efficace et répondant aux standards de qualité exigés » déclare Philippe Grassaud, Président du groupe Eduservices. « Avec la reprise économique, les besoins en recrutement sont de plus en plus importants. Beaucoup d’entreprises se tournent vers l’alternance pour former à leurs métiers et intégrer durablement de nouvelles compétences. Dans ce contexte la réforme doit développer, accompagner cette dynamique, et non la freiner. Les pouvoirs publics doivent s’appuyer sur les expertises terrain pour réussir » ajoute Sophie Crespy, directrice de CESI alternance (Groupe CESI).

Egalement membre du groupe 3E, Alain Léon, vice-président de la Commission des relations institutionnelles de la Fédération nationale de l’Enseignement privé, complète en précisant que « la certification professionnelle et l’enregistrement des titres au répertoire est un outil exceptionnel pour la lisibilité et le dynamisme de notre système de formation professionnelle. La réforme doit garantir l’indépendance de la CNCP, et lui donner les moyens de son fonctionnement. C’est une des conditions essentielles du succès de la transformation annoncée ».

Face à un impératif de restrictions budgétaires et à la réduction des marges de manœuvre du secteur public, les Entreprises Educatives pour l’Emploi (3E) sont en capacité de répondre aux défis posés par le système d’enseignement supérieur, ne serait-ce qu’en termes de volumétrie. Des évolutions semblent alors aussi inévitables qu’indispensables…

A propos des Entreprises Educatives pour l’Emploi (3E) :

Officiellement réunies le mercredi 21 mars 2018, les Entreprises Educatives pour l’Emploi (3E) est une initiative créée par des dirigeants des cinq principaux groupes indépendants d’enseignement professionnel et technique, visant à réunir, en accord avec leurs organisations professionnelles, les principaux promoteurs et spécialistes en France de l’alternance.

Les 3E en quelques chiffres :

  • 200 campus installés sur tout le territoire français
  • Près de 40 000 personnes formées en contrats de professionnalisation, chaque année
  • 85% d’insertion en entreprises sans passer par la recherche d’emplois
  • 200 000 familles concernées par leurs actions d’orientation